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SoCraTes 2012, my best conference ever !

SoCraTes, ce nom ne vous dit peut-être rien hormis un certain philosophe peu connu de l’antiquité… C’est aussi le nom d’une conférence, ou plutôt une « non-conférence » tout simplement géniale, organisée en Allemagne depuis 2011 par deux développeurs Andreas Leidig and Nicole Rauch, qui ont d’ailleurs la chance de pouvoir rester en couple durant le week-end…

SoCraTes, pour « Software Craftsmanship and Testing » vise à rassembler des participants du monde entier autour des thèmes du Software Craftsmanship, et en particulier aux savoir-faire de test. Pour cette deuxième édition pas de programme établi à l’avance, seulement des open-spaces et des ateliers dans un emploi du temps construit en direct chaque matin collectivement.

Self-organisation revelation

Ce qui m’amène à la première grosse claque (révélation) : l’auto-organisation, ça assure grave !

Le jeudi soir, c’est l’arrivée des participants avec un pot en terrasse suivi d’un World Cafe: par 8 autour des tables chacun écrit sur la table ses attentes à l’issue de la conférence, puis on change de table, hormis un porte-parole par table qui reste pour assurer une continuité. On découvre les sujets du groupe précédent, ce qui donne encore des idées supplémentaires. En quelques minutes des dizaines de sujets sont lancés: software craftsmanship en pratique, convaincre managers et équipes récalcitrantes, comment tester, BDD Vs. TDD, Legacy, le professionalisme, tisser son réseau, quand ne pas appliquer les pratiques comme TDD… Une seule règle:

Collecter les attentes et ne surtout pas tenter d’y répondre

Rien de tel pour créer une bonne dose de frustration qui alimentera les sessions des deux jours suivants. La soirée continue avec un buffet, puis des discussions libres au bar ou sur la grande terrasse. On fait aussi une Jam session de musique, ça tombe bien j’avais amené ma groove box MPC!

Jam Session: guitares/chant, clavier, MPC. Les geeks connaissent aussi la musique !

Lendemain matin, tous rassemblés dans la salle Forum pour l’ouverture de la conférence, facilitée par Pierluigi Pugliese. Chauffage de salle, puis on soumet nos sujets directement sur le programme de la journée au mur. Une petite session de marketplace à la fin pour négocier les conflits d’horaire, et on enchaine vers les sessions et ateliers.

L'ouverture de la conférence

Choisir, c’est renoncer

A ce moment j’ai en tête la phrase de Luc Bizeul: « choisir, c’est renoncer », et avec 7 sessions passionnantes en parallèle c’est difficile ! On se fait une raison, et on y va avec ses « 2 pieds ».

Le programme de la 1e journée

Au programme de cette première journée, avec de la matière pour de nombreux blogs à suivre, une matinée spéciale Architecture :

  • Open-Space « The death of the traditional architecture » proposé par Sandro Mancuso, avec des discussions enflammées où on a pu entendre « I want to kill the architect »
  • Open-Space / Atelier scénarios « TDD at the System Scale / Test-Driven Architecture« , proposé par votre serviteur, ou comment amener l’architecture à prouver son utilité, notamment par des tests. Très bons retours des participants.
  • Atelier « Architectural Katas » proposé par Benjamin Reitzammer, un super exercice à refaire dès que possible, j’ai adoré !

Après le déjeuner, ça continue avec :

  • Open-Space « BDD without the tools« , proposée par Aki Salmi et Aaron Walker ou les bénéfices de BDD indépendamment de Cucumber ou JBehave ; sans surprise on a parlé de communication :)
  • Open-Space « Boundaries of practices« , proposée par Sandro Mancuso : quand ne pas appliquer TDD et les autres techniques ? Un sujet bien polémique pour la fin d’après-midi !
  • Et enfin l’Open-Space sur le « Professionalism » proposé par Andreas Leidig et moi, avec ma question troll-esque « Is hypocrisy part of the software craftsman toolbox? » Allez je vous donne la conclusion ici

En soirée, Martin Heider nous a proposé le « Marshmallow Challenge ». Je n’avais jamais eu l’occasion de faire ce jeu, et le conseille, même si on fini bons derniers avec Aki Salmi, faute d’avoir pris trop de risque… Cela dit toutes les structures ont tenu bon à la fin du jeu, sans s’écrouler avant.

Nos fières structures du Marshmallow Challenge

Un jeu de code dans un style Extreme Startup avait lieu, mais sur le thème du jeu à boire « Mäxchen » populaire en Allemagne, avec un serveur qui fait le tirage des dés et qui affiche le score. Le code est disponible sur Github et voici les résultats .

« Too much awesomeness »

Deuxième jour, qui commence à nouveau avec l’auto-organisation du contenu, heure par heure. Là encore, du contenu pour des blogs ou futurs rencontres Paris Software Craftsmansip !

  • Mon workshop « Domain-Driven Design analysis games« , totalement inspiré par le talk et les blogs de Greg Young. Cet atelier (Context game, puis Codeanalysis) s’est très bien passé malgré le retard de la session précédente qui l’a amputé de 20mn, et je suis ravi des retours :)
  • Un workshop « BDD By Example« , à nouveau par Aki Salmi et Aaron Walker, en reprenant le sujet du kata d’architecture de la veille. Rien de tel qu’un atelier pour se frotter à toutes les difficultés de mise en application de BDD, à commencer par la rédaction de scénarios efficaces…
  • Session de Live-Coding avec Guice et Mockito par David Tanzer et Johannes S., avec pas mal de feedback de Daniel Temme. J’ai apprécié comment David et Johannes se sont mis en risque devant une audience exigeante, ainsi que leurs remarques sur les abus des Mocks…
  • Et d’autres bonnes choses encore !

Les participants en train de plancher pendant mon workshop "DDD analysis games"

Code-Retreat++

Le dimanche, une code-retreat avec une bonne vingtaine de rescapé des deux jours précédents. Je m’attendais à une code-retreat habituelle, je me trompais lourdement… Martin Klose, le facilitateur, avait préparé une bonne dose de surprises pour ne pas décevoir les participants déjà familiers des code-retreats, et j’ai adoré ! C’était super intense, avec des permutations-surprise de partenaires, parfois chaque 10mn, des contraintes super fortes… C’était d’autant plus fun !

Rencontres geeks entre craftsmen et les communautés

En marge des sessions, SoCraTes était aussi l’occasion de rassembler les membres et organisateurs des communautés Software Craftsmanship pour échanger sur les thèmes, formats de rencontres, trucs et astuces d’organisation…

Une timeline en papier a permis de visualiser l’évolution des différentes communautés, principalement en Europe. Londres avec Sandro a ouvert la voie, rapidement suivie de Paris puis de nombreuses villes allemandes, avec des rencontres mensuelles en général, et déjà 4 rencontres par mois à Londres.

La timeline des évènements Software Craftsmanship, essentiellement en Europe (en jaune au milieu notre communauté de Paris)

Le thème des « Software Craftsman Swaps » était aussi présent, avec même une liste pour s »inscrire comme volontaire à un échange avec un autre craftsman dans une autre société.

SoCraTes était aussi, surtout, la possibilité de faire connaissance avec 75 développeurs enthousiastes, pour des échanges passionnants sur de nombreux sujets, tests, style de codage, compétences… Merci à tous pour la qualité des discussions ! Un regret, seulement 2 filles en tout pour tout le week-end, c’est trop peu même en regard du déséquilibre habituel dans notre métier.

Merci Andréas et Nicole !

Tout comme pour les Agile Coach Camp, l’organisation de la conférence est remarquablement légère, sans manipulation d’argent puisqu’on la conférence en elle-même est gratuite, on ne paie que l’hébergement et la pension directement au centre de conférence qui s’occupe de quasiment tout, des repas au Wifi.

Les deux organisateurs Andréas et Nicole ont de plus passé la main pour la prochaine édition, chapeau bas pour ça !

Best Conference Ever?

Sandro a dit et répété que SoCraTes est « de loin sa conférence favorite ».  Tout jugement est personnel, mais par rapport à ce qui me passionne, SoCraTes est aussi ma conférence préférée, comparée à toutes celles auxquelles j’ai eu la chance de participer jusqu’à présent.

Les grosses conférences géantes à la GOTO ou QCON ont la particularité de pouvoir faire venir des stars de gros calibre, mais dans un format magistral qui peut ne pas correspondre aux attente du public. Le format Open-Space par opposition garantit l’alignement entre le sujet discuté et l’audience, par construction.

Même si certaines sessions, en particulier les ateliers, avaient été préparées un mininum à l’avance, l’essentiel du contenu provenait d’échanges improvisés. Pas d’abtract à écrire, pas de sélection, pas de « Chair Commitee », seulement un planning auto-organisé le matin même en 30mn entre 75 personnes… et ça poutre carrément du poney !

Pour davantage de détails, jetez un oeil sur retours sur Twitter, avant des compte-rendus plus substanciels sur le contenu des sessions.

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