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Le télétravail, un win-win social et économique

Le télétravail (travail à distance) est une nouvelle forme d’emploi qui a vu le jour suite à la mondialisation économique et qui représente aujourd’hui l’avenir de l’emploi.

D’ailleurs, 70% des étudiants pensent qu’il n’est pas nécessaire d’aller régulièrement “au bureau” et qu’ils seraient plus efficaces et motivés en travaillant à la maison.

Malheureusement, la France reste à la traine dans ce domaine, puisque seulement 12% de la population active recourt au télétravail en 2012, tandis que dans les pays d’Europe du nord (Danemark, Pays-Bas) et aux États-Unis, ce taux est supérieur à 20%.

Cette augmentation lente en France est due principalement au fait que les salariés semblent restés attachés aux organisations classiques du travail, avec une crainte sous-jacente d’empiètement du « bureau » sur leur vie personnelle. Enfin, les entreprises ont peur de manquer de contrôle sur le travail de leurs employés.

Or les métiers de l’IT, par leur nature, sont une cible idéale pour cette nouvelle forme de travail, qui présente de nombreux intérêts tant pour les salariés que pour les employeurs.

De nombreux avantages pour tous

Ce mode de travail induit de nouveaux rapports entre employeurs et salariés : la confiance est en effet au centre de ces nouveaux rapports.

Le salarié dispose d’une plus grande souplesse de vie : il peut choisir d’habiter à la campagne au lieu de devoir s’installer en ville, ou bien travailler tout en s’occupant de ses enfants par exemple.

Il fait également face à l’augmentation des temps de transport pour aller travailler (éloignement des villes suite à la hausse de l’immobilier) ; le fait de pouvoir travailler depuis la maison lui permet de gagner un temps précieux, d’être moins stressé (métro, RER, train, embouteillages…) et de faire des économies (abonnement transport, carburant). Au niveau écologique, le télétravail contribue à la réduction des gaz à effet de serre suite à la diminution des déplacements.

Concernant le travail à la maison en lui-même, il permet au salarié de disposer d’une concentration accrue face à la recrudescence des « open-spaces » souvent bruyants et stressants. De plus, la responsabilisation des employés et l’autonomie procurée par cette forme de travail redonne de la motivation et de la confiance aux salariés et contribue ainsi à leur bonheur.

Cette hausse de la motivation et du bonheur ressenti par les employés augmente leur productivité : +22% d’après une étude du cabinet Greeworking.

Des employés heureux travaillent davantage et mieux !

De plus, ils auront tendance à être plus fidèle à l’entreprise (turnover plus faible).

Des inconvénients mineurs

Les principaux inconvénients souvent cités du télétravail sont le risque d’isolement des employés ainsi que l’effacement de la frontière entre sphères personnelle et professionnelle.

Or le fait de télétravailler par exemple une à deux journées par semaine ne mène pas à l’isolement, puisque le lien social reste bien présent le reste de la semaine. Il est en effet important de garder des contacts humains, de construire une équipe soudée (team building), ainsi que d’avoir des réunions physiques parfois indispensables.

La séparation des vies personnelle et professionnelle doit être bien perçue par les deux parties : l’employeur ne doit pas demander au salarié de travailler en dehors des heures de travail (pas plus que quand il travaille dans les locaux !), et l’employé doit se fixer des limites en termes d’horaires, éventuellement séparer son bureau de travail du reste de la maison, etc…

Des évolutions nécessaires

Certaines adaptations doivent être effectuées pour profiter pleinement de cette nouvelle forme de travail : le salarié doit disposer d’un poste de travail à la maison (ou en déplacement) qui lui permet de s’isoler pour rester concentré et d’un accès aux mêmes ressources que lorsqu’il se trouve dans les locaux de son entreprise (VPN sécurisé, authID…).

De nombreux outils qui permettent de travailler efficacement à distance peuvent être installés sur le poste de l’employé : Skype, Hangout, portail web pour les mails, documents dans le Cloud, Github, etc…

L’employeur doit également adapter sa façon de gérer ses salariés : arrêter de faire du micro-management et accorder davantage de souplesse et de latitude à ses employés (ne pas oublier qu’il s’agit d’une relation de confiance).

Tant que les objectifs fixés sont atteints et que le travail est effectué convenablement, pas besoin de tout surveiller et contrôler !

Cette forme de travail encore peu répandue en France devrait donc continuer de se développer, notamment dans les métiers comme l’informatique et les Télécoms, puisqu’elle représente un gain mutuel pour les employeurs et les employés, une rentabilité en hausse et un bonheur accru pour un investissement peu important.

Le facteur déclenchant est un changement de mentalité afin d’instaurer des relations de confiance employés-employeurs. Afin de convaincre les entreprises les plus frileuses, cette relation peut par exemple s’instaurer après une période d’essai dans les locaux pour certains salariés.

« Le télétravail est un levier de qualité sociale et de performance économique » (Source)

Etude Greenworking sur la pratique du télétravail

4 comments for “Le télétravail, un win-win social et économique

  1. Guillaume L
    18 juin 2015 at 20 h 47 min

    Je suis d’accord qu’on devrait donner la liberté aux salariés de télétravailler quelques jours par semaine, voire à temps plein dans les secteurs d’activité qui s’y prêtent bien, mais affirmer que le télétravail est “mieux” que le travail sur site dans 100% des cas me parait un raccourci dangereux. En particulier, ce n’est pas parce qu’on travaille mal au bureau que travailler de chez soi est la solution à tous les problèmes. On peut aussi essayer de travailler mieux au bureau, les open space bruyants et le stress permanent ne sont pas une fatalité inamovible. A l’inverse, tous les foyers ne sont pas exempts de bruits parasites (enfants, travaux…) et de facteurs d’énervement.

    Par ailleurs, nous oeuvrons dans une industrie basée sur la connaissance où la fluidité des échanges au sein d’une équipe est souvent, à mon sens, vitale pour la pérennité des logiciels produits. La vision du développeur solitaire de génie ayant droit de vie ou de mort sur son code est, sinon complètement caduque, tout au plus valable pour une minuscule frange de notre profession. Il est non seulement important de “garder des contacts humains” et une “équipe soudée” comme l’indique le post, mais aussi et surtout de partager, d’expliquer notre travail à nos pairs dans un esprit d’appropriation collective. S’il est possible de faire évoluer nos pratiques de travail dans le bon sens, le turnover, les absences pour maladie ou tout simplement l’indisponibilité temporaire d’un membre de l’équipe sont eux des réalités à peu près constantes et les silos de compétences des destructeurs de valeur bien connus.

    J’ai justement pu constater à travers deux ou trois expériences douloureuses que le télétravail peut être un frein à cette circulation de connaissance à cause des canaux de communication dégradés (chat, téléphone ou vidéoconf au lieu d’un contact humain direct), mais aussi un facteur de malentendu et donc de mésentente et parfois de conflits entre collègues, sur le mode “je suppose qu’il voulait dire que…” La communication non-verbale, l’attitude d’un interlocuteur sont essentiels dans un dialogue pour cerner son réel propos, et c’est ce qui manque trop souvent dans les conversations à distance. Par ailleurs, il est faux d’affirmer que la disponibilité d’un collègue chez lui est identique à celle d’un collègue à 2 mètres de soi, pour des raisons d’overhead technique évidentes, et il ne faut pas non plus écarter le frein psychologique que chacun ressent à l’idée de “déranger” quelqu’un chez lui. Ces inconvénients sont loin d’être mineurs, ce qui me rend sceptique face aux inconditionnels du télétravail qui ont tendance à en faire la panacée universelle.

    PS : l’étude citée émane d’une entreprise de conseil… en télétravail. Elle n’est pas disponible librement sur leur site, ce qui est dommage car le chiffre de 22% de productivité gagnée me parait suffisamment gros pour se demander s’il procède d’une démarche scientifique rigoureuse basé sur des faits mesurés (c’est à dire, pas juste une projection prenant le temps moyen passé dans les transports multiplié par la productivité moyenne par habitant…)

  2. Mickaël
    19 juin 2015 at 11 h 13 min

    En effet, je ne pense pas que le télétravail soit une solution à tous les problèmes.
    Certains secteurs d’activité ne se prêtent pas à cette nouvelle façon de travailler, certaines personnes ne sont pas forcément faites pour le télétravail (peur de ne pas arriver à séparer les sphères personnelle et professionnelle, manque de rigueur, préférence pour travailler au bureau dans une ambiance dédiée au travail, ou autre), etc…

    Je suis d’accord également avec le fait qu’il faille en premier lieu améliorer le cadre de travail au bureau en créant des atmosphères de travail plus calmes et plus sereines afin d’optimiser la concentration et la productivité des employés. C’est un sujet important à mon sens et pourra faire l’objet d’un autre article.

    En ce qui concerne la communication, elle est bien évidemment vitale au sein des équipes et le télétravail ne doit en aucun cas réfréner cette nécessité.
    De nombreux canaux de communication à distance sont disponibles à ce propos : téléphone, emails, visio-conférences, etc… Le but n’est pas d’isoler les membres de l’équipe en télétravail, mais bien de conserver cette proximité, qui est à mon sens plus importante quand on ne travaille que quelques jours par semaine à la maison, la communication directe et physique étant à mon avis indispensable.

    Après les problèmes de communication sont aussi légion au sein des des équipes qui travaillent au bureau, beaucoup de problèmes sont issus d’incompréhensions ou de malentendus entre les intervenants, et pas qu’à distance !

    Quant à l’étude publiée par Greenworking pour le ministère du travail en 2012, j’ai fait une demande pour avoir accès à ce document et dès que je l’aurais reçue, je la publierai en lien avec l’article.

  3. DE VRIES GERARD
    10 février 2016 at 23 h 17 min

    j’ai été licencié en août 2014, de la société Baudin Chateauneuf, (jugement en appel) parce que le nouveau Directeur arrivé en fonction à cette période avait estimé que: le télétravail ne pouvait pas être pratiqué dans l’entreprise pour un ingénieur d’études de prix dans le BTP.
    Depuis j’ai pratiqué ma profession en télétravail pour 2 autres PME successivement (1 en CDD + 1 actuellement en CDI).
    Nous avons donc actuellement un système de justice sociale qui est resté bloqué au XXeme siècle et un patrona qui commence à utiliser internet. C’est “COP 21” que l’on a organisé je crois dernièrement ? Hé bien, nous n’avons pas besoin d’une décision de la cour suprême des USA pour ne rien faire pour la planète!!

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